samedi 10 juillet 2021

les risques de la cicatrisation chez les patients à peau noire

 

JEUDI 8 JUILLET 2021

Quid de la chirurgie esthétique sur les peaux noires?


Les spécificités chirurgicales de la peau des patients d'origine africaine.
Le Dr Vladimir Mitz, chirurgien plasticien à Paris, fait le point pour Mine d'Infos.

Les téguments des patients d'origine africaine ou apparentés ont comme particularités :

- une plus grande épaisseur de l'épiderme et du derme
- la présence de mélanocytes qui sont les cellules colorées
- une réactivité particulière au microtraumatisme, qui peut engendrer des cicatrices hypertrophiques voire chéloïdiennes ;
Aussi le chirurgien esthétique qui doit intervenir chez un patient d'origine africaine doit avertir celui-ci des risques cicatriciels potentiels, qui ont de plus un caractère génétique et familial.

De nouvelles normes particulières de beauté

Il existe des Tendances esthétiques singulières chez les patients d'origine africaine :

- un nez  d'apparence plus européenne est une demande pas très fréquente mais néanmoins prégnante chez certains patients qui souffrent d'un nez à la racine aplatie, et aux narines épatées; évidemment tous les individus ayant ce morphotype ne se précipitent pas vers ces opérations…; la réparation d'un nez ethnique  repose sur la mise en place d'un greffon silicone ou osseux qui permet de refaire l'arête et de projeter la pointe nasale; des ostéotomies des os propres sont souvent nécessaires pour affiner le nez de face; il faut de plus faire une résection à la base des ailes du nez, pour les réenrouler, et éviter les ailes flottantes au pied de la pyramide nasale.

- une augmentation d’un menton en retrait(profiloplastie) peut être indiquée chez certains patients qui présentent une insuffisance de la projection du menton ; l'amélioration du profil se fait alors par une génioplastie d'apposition, c'est-à-dire une augmentation de la pointe du menton par la mise en place d'un implant mentonnier en silicone, au travers d'une incision dans le sillon gingival inférieur ; ceci pour éviter toute cicatrice cutanée sous le menton.

- une poitrine moins tombante et plus projetée surtout après plusieurs grossesses ; en effet de façon génétique malheureuse, certaines patientes présentent une poitrine qui se vide à la suite des allaitements,
Il s'associe souvent chez ces patientes une ptôse mammaire, avec des seins très tombants qu'il convient de remodeler par une plastie mammaire avec des cicatrices, ou dans certains cas par la mise en place d'un implant mammaire que j’introduis par la voie axillaire pour éviter les cicatrices visibles.
Il y a aussi une possibilité de pratiquer des lipofilling mammaires, en complément des implants, ou de façon isolée mais il faudra deux ou trois séances pour parvenir à augmenter la poitrine de plus d'un bonnet.


Photos avant après plastie mammaire avec cicatrices chéloidiennes

- une augmentation des fesses est actuellement une exigence assez fréquente chez les patientes de couleur, initiée par la mode brésilienne ;au Brésil, en Colombie, au Mexique, ce type d'opération fait fureur ; il existe deux possibilités qui peuvent être associés pour augmenter les fesses:
*Soit la mise en place d’implants fessiers spécifiques en silicone gel assez ferme, introduits par une incision placée dans le pli inter-fessier supérieur,
*soit des lipofillings de grande quantité de graisse prélevée sur la patiente elle-même ; la zone donneuse est variable, ventre, pneus thoraciques, cuisses, genoux, mollets. Malgré les progrès de la technique du lipofilling, il est difficile de prévoir combien de tissu graisseux restera vivant après 4 mois, l'idéal étant au moins 50% de survie ;il faudra donc recommencer une ou deux fois les sessions de lipofilling pour obtenir le résultat maximal.

- les cicatrices chéloïdes:
 Il s'agit du problème le plus difficile à résoudre; la cicatrisation chéloïdienne n'est pas propre au patient de race noire; européens, asiatiques, peuvent aussi cicatriser de cette façon; il s'agit de cicatrice en relief, foncée et exubérante qui  persiste et augmente après une  année d'évolution; la cicatrice fine des premiers jours évolue progressivement pour devenir hypertrophique; elle ne disparaît pas après un an, bien au contraire; la cicatrice s'épaissit, se boursouffle, démange et dérange.
Il n'y a que deux traitements efficaces :
* Soit des injections de produits cortisonés retard dans la cicatrice, qui parviennent au prix de plusieurs séances, à aplatir ces cicatrices bourgeonnantes ; mais il faut parfois recommencer plusieurs fois ;
* soit des séances de radiothérapie ciblée, pratiquées par des radiothérapeutes compétents qui sauront doser correctement l'intensité des rayons, et limiter les zones d'irradiation pour ne pas affecter les tissus sains.
* d'autres traitements sont en cours d'exploration, telle la cryothérapie intra chéloïdienne.

- la demande de blanchiment de la peau est actuellement difficile à exaucer, car le traitement autrefois efficace à base d'hydroquinone est actuellement interdit, du fait que cette molécule un pouvoir cancérigène à haute dose. Heureusement ces demandes sont plutôt rares et occasionnelles…

En conclusion, la peau noire a des spécificités particulières, qui impose une information circonstanciée aux patients qui souhaitent une opération avec cicatrices ; heureusement ce n'est pas le fait de tous les patients de couleur, mais tout chirurgien esthétique a en tête le risque chéloïdien quand il s'agit d'opérer ce type de patient.

Propos recueillis auprès du Dr Vladimir Mitz par Nora Ansell-Salles

  📚 Bibliographie 
  • Chirurgie Esthétique, Éditions du Cygne, 2006 (ISBN 978-2849240175)
  • Les liftings, Ellipses Marketing, 2004 (ISBN 978-2729818784)
  • Art-Thérapie, avec Marie-Claude Joulia, Éditions L'Harmattan 2003 (ISBN 978-2747546003)
  • La chirurgie esthétique, Éditions Flammarion, coll. « Dominos », 1995 (ISBN 9782729869809

mercredi 9 juin 2021

 


Le refus de la chirurgie esthétique est plutôt rare parmi les stars

 

 

Le refus de la chirurgie esthétique est parfaitement compréhensible chez certaines personnes qui se satisfont de leur apparence physique, voire même qui en jouent, car un physique singulier peut permettre d'obtenir des rôles à cause de traits inhabituels, qui donnent une force particulière au film ou au spectacle présenté.

 

Garder un aspect naturel sans chirurgie esthétique !

 

Un mouvement récent parmi les artistes consiste à réclamer un aspect naturel pour ne pas privilégier celles qui ont recours à des injections de Botox ou d'acide hyaluronique, pour obtenir artificiellement l'avantage d'un visage rajeuni ou exposer un caractère plus cinématographiquement plaisant

Ce refus de la chirurgie et de la médecine esthétique s'inscrit dans un plus vaste mouvement écologique et conservateur visant à privilégier l'évolution naturelle, en évitant les artifices que la modernité et les progrès scientifiques peuvent apporter.

Conserver un front ridé, ou des paupières tombantes, des sillons marqués, ou des lèvres fines peut contribuer à une meilleure expressivité du visage, et laisse les acteurs et les actrices adeptes de ce mouvement" naturaliste", plus à même d'exprimer des nuances d'émotion sans les interférences suspectes que pourraient procurer des injections maladroites ou exagérées.

 

Une chirurgie esthétique discrète et des injections subtiles

 

Toutefois dans ma patientèle qui comporte de nombreux artistes ni trop célèbres ni très argentés, les injections de botox et d'acide hyaluronique que je suis amené à leur pratiquer sont plutôt vécues comme un avantage ; dans leur milieu très concurrentiel, ces traitements sont à même de les rassurer, un effet « boost » devant le miroir avant d'affronter parfois des scènes difficiles, où les gros plans de caméra ne laisse passer aucune imperfection, la plus minime soit-elle.

 

Il y a donc une position médiane entre le refus de l'amélioration apportée par la chirurgie et la médecine esthétique, et le recours obsessionnel à ces pratiques.

L'essentiel est que le geste pratiqué demeure invisible et secret : donc très loin des pratiques de la téléréalité : Le Grand barnum audiovisuel est friand de scandales et de ratés, ce qui permet aux artistes en devenir (dont le seul talent est de créer un lien pathologique avec leurs suiveurs) de faire vivre en temps réel leurs turpitudes et leurs douleurs en salle d'opération et dans les jours qui suivent, avec en plus la possibilité d'observer des images gore !!

 

Personnellement ayant beaucoup étudié l'anatomie du visage, je m'obstine à rester dans l'ombre de mes patientes, et à réaliser des liftings du visage, des rhinoplasties, et des injections qui resteront indiscernables même des années après leur pratique.

Je suis donc un chirurgien invisible, présent dans le cœur des patients satisfaits, mais dont l'acte opératoire ne sera jamais révélé avec une ostentation que je réprouve.

 

lundi 24 mai 2021

Le lifting frontal endoscopique (ou non!) peut pallier aux échecs du Botox!

 



Rides du front résistantes au botox : Que faire ?

 

Une bonne solution alternative est la réalisation d'un lifting frontal endoscopique ;

J'ai personnellement simplifié la technique, en m'apercevant qu'avec un peu d'expérience on peut éviter l'endoscopie pour affaiblir les muscles frontaux (créant les rides horizontales) et corrugateurs (responsables des rides du lion), par des gestes ciblés au travers de trois petites cicatrices dans les cheveux.

 

Quelle est la technique ?

 

Elle impose une anesthésie générale dans une salle d'opération stérile ; mais le séjour est en ambulatoire, donc vous pouvez sortir le soir même.

Une incision médiane et 2 incisions latérales dans les cheveux permettent d'aborder en sous-périosté les muscles responsables des rides qui vous déparent ; un ruginage extensif (dissection appuyée) permet d'affaiblir les muscles incriminés sans les détruire totalement ; cette action entraîne leur paralysie sans créer de creux inesthétiques, comme le ferait leur ablation totale.

Les points d'entrée sont refermés avec du fil résorbable.

 

Quels sont les résultats de ce lifting frontal a minima ?

 

Ils sont bons et très bons dans 80 % des cas dans mon expérience : Après une phase de gonflement qui dure une semaine à 10 jours, le front redevient lisse ; je laisse personnellement une activité musculaire au-dessus des sourcils, pour ne pas entraîner un front totalement figé paralytique, et préserver un minimum expression tel l'étonnement ou la colère ;

Dans 20% des cas j'ai observé une insuffisance partielle de résultat ou une récidive de l'apparition des rides après un an, obligeant à compléter l'opération par des injections de botox ; les patientes en effet ont préféré ne pas subir une seconde opération pour des raisons financières.

Dans les bons cas l'opération a donné un résultat stable pendant au moins 10 ans. La cicatrisation du muscle frontal a pu redonner l'apparition de rides, mais dans une intensité nettement moindre à celle d'origine.

 

Quelles sont les complications ?

 

Un œdème avec des hématomes peut durer une quinzaine de jours ; les douleurs sont minimes et très acceptables ; une asymétrie peut apparaître si l'opération n'a pas été menée judicieusement ;

C'est surtout la récidive rapide des rides qui peut survenir chez les patientes aux muscles très épais : L’opérateur devra donc s'assurer qu'il a bien affaibli les muscles pendant l'opération.

 

En conclusion le lifting frontal par endoscopie, ou simplement par ruginage étendu, permet aux patientes résistantes au botox ou pour celles qui n'en veulent pas, de bénéficier d'un lissage de leur front au niveau des rides horizontales ou de leurs rides du lion.

 

 

mardi 27 avril 2021

ACTUALITES EN CHIRURGIE ESTHETIQUE, interview par NORA SALLES

 Avant propos

Le Docteur Vladimir Mitz, chirurgien connu et reconnu sur la place de Paris, auteur de nombreux ouvrages sur la chirurgie esthétique et réparatrice, nous livre son regard sur l'évolution des techniques, les nouvelles attentes des patients, l'impact de la crise sanitaire... et nous parle de sa passion pour l'Art.



Bonjour Dr Vladimir Mitz, pouvez-vous nous brosser votre auto portrait ?
Je suis un chirurgien expérimenté qui a exercé longtemps en milieu hospitalier public, en chirurgie plastique réparatrice et esthétique, en microbiologie et chirurgie de la main.
Je suis de pure formation française en matière de chirurgie réparatrice, par contre j'ai appris la chirurgie esthétique aux États-Unis après ma période d’activité (4années !) de chef de clinique des hôpitaux de Paris.


Où exercez-vous votre art aujourd'hui ?

Aujourd'hui j'exerce en privé, mon cabinet est situé dans le Quartier Latin de Paris 75006; j'opère à la clinique du Louvre, ce qui me permet de traverser le pont des Arts au-dessus de la Seine : Cet itinéraire est très agréable, et me permet de réfléchir à chaque cas que je vais opérer avec calme et sérénité.


Quel regard portez-vous sur l'évolution de la chirurgie esthétique ?

La chirurgie esthétique a considérablement évolué ces 20 dernières années :
D’une part les techniques opératoires ont progressé vers moins de cicatrices et plus de sécurité avec les implants;
D’autre part les relations avec les patients potentiels ont pris une étrange tournure du fait du développement d’Internet qui impose ses lois de notoriété, et de la pression judiciaire à laquelle nous sommes soumis : tout aléa post-opératoire peut déboucher sur une plainte pour faute professionnelle... C'est donc à chaque fois sur la notion de bénéfice risque que nous devons insister pour chaque patient, lui qui a droit à une information orale et écrite qu'il n'assimile pas toujours. En cela les informations que nous donnons grâce à nos sites internet représentent un élément formateur mais exigent de notre part une constante mise à jour, et des efforts financiers non négligeables.


Pour rester sur le regard, pouvez-vous nous parler de la chirurgie de l'oeil  (paupières & cernes)

Je voudrais illustrer ces propos en prenant le cas particulier du vieillissement de la région du regard, l'apparition de cernes foncés à la paupière inférieure, et à l'exagération de la vallée des larmes, sorte de coulée qui s'approfondit depuis l'angle de l’œil jusqu'à la pommette :
Il existe deux tendances thérapeutiques complémentaires :
- d'une part la médecine esthétique qui permet par injection d'acide hyaluronique (un gel résorbable en 6 à 18 mois, plus ou moins dense , en fonction du fabricant et de ses produits) de  combler les creux en pratiquant l’injection en profondeur; mais  ce traitement a aussi des inconvénients: Remontée du gel en surface sous la peau donnant une coloration violacée; et puis quelques cas dramatiques ont été signalés comme une perte de la vision par injection involontaire dans un vaisseau sanguin local.
  Une autre situation déplaisante est l'existence d'une coloration très foncée autour des yeux, qui est d'origine plutôt génétique, et pour laquelle l'application de pommades dépigmentantes pourra apporter une solution ;
- d'autre part la chirurgie esthétique qui consiste à retendre la paupière inférieure, au travers d'une incision invisible sous les cils, en redrapant le muscle orbiculaire inférieur, et en enlevant les poches graisseuses responsables de l'aspect "poché" du regard; mais cette opération, appelée "blépharoplastie inférieure", si elle est mal faite peut entraîner un ectropion, qui est une éversion du bord libre de la paupière, donnant un regard catastrophique, qui s'arrange heureusement spontanément en général au bout de 2 à 3 mois.
On comprend facilement que la difficulté est de choisir quelle est la bonne méthode a conseiller dans chaque cas particulier : C'est là où l'expérience du chirurgien et du médecin est primordiale, mais toujours en respectant les désirs du patient dûment informé par les documents fournis, éventuellement par des vidéos de résultats avant-après !


Quelles sont les nouveautés en  chirurgie esthétique et réparatrice ?

Notre spécialité évolue en permanence, ceci grâce à des travaux scientifiques et des innovations apportées par des auteurs qui ne sont pas seulement des adeptes de technologie de pointe (comme les lasers, ultra fréquence, où la lumière pulsée), mais aussi des savants anatomistes qui sont capables de mieux comprendre les mécanismes intimes du vieillissement cutané architectural de la face et du corps (scanners 3D à différents âges de la vie).
La technique qui a le vent en poupe en ce moment est celle du LIPOFILLING : Il s'agit d'augmenter les volumes corporels par la greffe de sa propre graisse prise ailleurs ; on peut aussi refaire un sein après cancer sans implanter de prothèse mammaire, augmenter le volume d'un sein chez une jeune fille en prélevant la graisse au niveau de sa culotte de cheval, à condition qu'elle ait des réserves...  Il faudra en général s'y reprendre à deux ou trois fois, car seulement 30 % des cellules graisseuses greffées survivent par séance.
On choisit des toutes petites cellules graisseuses pour corriger les sillons nasogéniens, augmenter discrètement les lèvres, ou rajeunir des mains à la peau trop fine.
LES OPERATIONS POST BARIATRIQUES sont aussi devenues très fréquentes: Il s'agit de la correction des déformations de la silhouette après amaigrissement massif, lui-même consécutif à des opérations de type court-circuit digestif; du fait du nombre important de patients qui subissent cette opération lourde, il existe environ 20 % de patients présentant des surplus cutanés qu'il va falloir "retailler", parfois par des opérations longues complexes et combinées telle le body lift, où l'on découpe une bande de peau tout autour du corps, retournant le patient sur la table d'opération!
Enfin il existe des Tendances plus originales, liées à des normes raciales spécifiques, telle les demandes d'augmentation des fesses par implants siliconés spéciaux ou par lipofillings, voire une association des 2 méthodes. Un autre domaine en vogue concerne les "rhinoplasties ethniques" dont il y aurait beaucoup à dire.


Point d'actualité...

De quelle manière le coronavirus a-il impacté votre exercice 

L'irruption de la covid
La pandémie a provoqué deux phénomènes contradictoires :
   - une diminution de la demande opératoire en clinique ou à l'hôpital à cause du confinement, de la priorisation des patients qui a fait reculer la prise en charge de la chirurgie réparatrice et esthétique non urgente ;
   - d'autre part une augmentation d'environ 20 % de la demande en médecine esthétique qui a été rapportée dans quelques enquêtes internationales, à cause de l'effet zoom et du regard sur soi-même par le biais du traitre ordinateur- qui ne nous fait aucun cadeau sur notre apparence, avec ces lumières électriques verticalisées !
Personnellement je n'ai pas constaté dans ma clientèle une augmentation de la demande, mais une diminution de mon activité de près de 40 %!


Avez-vous constaté des changements de comportements chez vos patients: report de RDV etc.

Une planification plus
difficile et aléatoire
Les activités de consultation et de planification des opérations ont été rendues difficiles, car la restriction de déplacement a rendu incertain  l'accès au médecin malgré les autorisations requises et envoyées par mail; par ailleurs les cas avérés et soudains de covid ont entraîné l'annulation d'opérations programmées, sans omettre  le fait que certains patients n'ont pas pu réaliser de test PCR en temps et en heure pour subir leurs opérations prévues.
Une désorganisation évidente, mais qui n'est préjudiciable que dans le cadre de la chirurgie réparatrice après cancer, ou pour retirer les tumeurs cutanées ou profondes.


Quelles sont les interventions les plus demandées durant cette période de crise sanitaire ?

Le port du masque a décomplexé certains patients :
Ils ont souhaité faire une opération de rhinoplastie, ou des opérations des paupières, voire un lifting de rajeunissement pendant la période de confinement, ce qui leur permettait d'éviter le regard narquois de ceux avec lesquels ils ont l'habitude de travailler... Mais ils n'ont pas été si nombreux que cela dans ma pratique. C'est la démonstration que la vie normale en société ouverte est vraiment le moteur principal du regard critique sur soi.
Dans ma pratique personnelle
Les opérations les plus fréquentes ont été dans l’ordre :
a) les rhinoplasties, primaire ou secondaire
b) les changements de prothèse mammaire, à cause d'implants devenus défectueux après plus de 15 ou 20 ans, ce qui générait une angoisse et un sentiment d’urgence ;
c) les opérations esthétiques du visage, à type de blépharoplastie ou microlift (qui est un lifting cervico-facial léger pouvant se faire en ambulatoire)
c) des liposuccions pour des motifs variés : Gynécomastie (présence de seins saillants chez l'homme), petit bedon féminin, liposuccion de la moitié inférieure du corps, etc.
d) l'ablation de tumeurs cutanées ou sous-cutanées.
👉TIKTOK

Et l’Art dans tout cela ?

Avec l'expérience qui est la mienne, je fais une grande différence entre la pratique de mon métier chirurgical, qui est essentiellement une technique faite de gestes précis, et dont la base est un choix judicieux de quelle opération pratiquer pour chaque cas individuel, ce que nous appelons l'indication opératoire.
Tout cela est totalement opposé à l'art en tant que tel, l’art qui est un exercice d'imagination et de fantaisie: la pierre sculptée ne saigne pas, la feuille de papier raturée ne nous fera aucun procès; mais l'art est une partie nécessaire à mon oxygène de vivre, et je perpétue donc mon intérêt pour la visite des galeries, et la pratique du dessin, de la sculpture et de mon amour pour la musique, que l'on peut retrouver sur mes chaines vimeo, YouTube, et Dailymotion quand on y recherche mon nom, au même titre que j'y insère des informations sur la chirurgie plastique réparatrice et esthétique, domaines dont je ne peux me passer de l'exercice...

Propos recueillis par Nora Ansell-Salles


 📚 Bibliographie 
  • Chirurgie Esthétique, Éditions du Cygne, 2006 (ISBN 978-2849240175)
  • Les liftings, Ellipses Marketing, 2004 (ISBN 978-2729818784)
  • Art-Thérapie, avec Marie-Claude Joulia, Éditions L'Harmattan 2003 (ISBN 978-2747546003)
  • La chirurgie esthétique, Éditions Flammarion, coll. « Dominos », 1995 (ISBN 9782729869809

lundi 5 avril 2021

la rhinoplastie a un rôle fonctionnel(améliorer la respiration par le nez) en plus de l'esthétique

scanner des fosses nasales montrant une obstruction de la voie aérienne à votre droite

 

Le rôle de la rhinoplastie n'est pas seulement d'améliorer l'esthétique du nez mais aussi de préserver ou de; réparer le passage aérien au travers des fosses nasales;

 

Diagnostic

Il est parfois évident à la vue  qu'il existe une déviation nasale congénitale ou post-traumatique; mais pour mieux visualiser les voies aériennes il est très utile de pratiquer un scanner en agrandissement qui va permettre de mieux juger du passage aérien(coloré en noir absolu) et des synéchies de la muqueuse avec les cornets(en grisé pour la muqueuse); les structures osseuses apparaissent en blanc;

 

L'examen clinique:

Il est fondamental aussi bien pour évaluer l'aspect esthétique insatisfaisant, que par la pratique de la  manœuvre d'inspiration-expiration, afin de reconnaître un blocage du souffle aérien d'un côté ou de l'autre du nez;

 

Les gestes chirurgicaux:

Ils sont pratiqués sous anesthésie générale en milieu hospitalier ou clinique de sécurité;

Le principe est de rectifier et de rétablir plus droite une cloison qui ne va plus coller aux parois latérales du nez, de repousser parfois les cornets qui viennent encombrer les fosses nasales: Ces manœuvres peuvent être  parfois complexes, avec une nécessité de ressortir la cloison pour la travailler sur la table d'opération, puis de la réintroduire quand elle est aplanie;

Le geste esthétique portera sur toutes les structures qui sont concernées afin de donner aux patients l'apparence prévue sur les planifications photos avant l'opération, en sachant qu'une  mauvaise cicatrisation peut décevoir l'évolution à moyen terme: Il faudra alors envisager une retouche dont l'incidence représente environ 5 % des cas quelle que soit la qualité du chirurgien concerné.

 

Le cas particulier des rhinoplasties post-traumatiques:

Lorsqu'il existe une perte de substance osseuse au niveau du nez, appelée encore ensellure nasale, une chirurgie réparatrice va imposer d'apporter des tissus réparateurs; ceux-ci peuvent provenir de 3 origines:

1 une greffe osseuse prise sur la crête iliaque, sur la côte, sur le crâne ou comme je l'affectionne au niveau du cubitus: On trouve en effet une crête qui redonne un très joli nez fin, et si besoin une partie plate pour refaire les os propres.

2 une greffe cartilagineuse prise sur la cloison nasale en profondeur ou au niveau de l'oreille, où j'aime utiliser le scapha , bien préférable à mon avis à la conque trop cupuliforme; 

3 un implant de silicone en L de type Shirakabe  ou taillé expressément dans un bloc de silicone stérile; 

Grâce à ces manœuvres de réparation, il est possible de reconstituer une arrête nasale très satisfaisante, stable à long terme.

samedi 27 février 2021

les petites complications après prothèses mammaires: plis, cornes,valse des implants

 regardez la vidéo:  https://youtu.be/llGnAvoToLs


les complications des prothèses mammaires actuelles sont peu fréquentes: néanmoins de petits soucis peuvent surbvenir à terme, ce qui peut imposer une réintervention toujours problématique; Cette vidéo vous explique les différents problèmes rencontrés!

les risques de la cicatrisation chez les patients à peau noire

  JEUDI 8 JUILLET 2021 Quid de la chirurgie esthétique sur les peaux noires? Les spécificités chirurgicales de la peau des patients d'or...

articles populaires